Category: Livres,Romans et littérature,Littérature anglaise
Les Vagues Details
Publié en 1931, Les Vagues se compose d'une succession de monologues intérieurs entrecroisés de brèves descriptions de la nature. Chaque personnage donne sa voix et se retire dans un mouvement rythmé qui évoque le flux et le reflux des marées. « J'espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l'aube et le jardin, subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine... Ce pourraient être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j'essaie de représenter ; la vie elle-même qui s'écoule. »Préface et traduction de Marguerite Yourcenar.

Reviews
Un roman vraiment incroyable, la métaphore des vagues y est utilisée de façon multiples, notamment à travers les intermèdes lyriques qui ponctuent les étapes de vie des 6 amis dont le parcours est raconté. Il est très difficile de résumer ce roman, il faut se laisser porter par le flux et le reflux de la prose de Woolf, une prose flamboyante, lyrique et profondément moderne à la fois. Ce roman bien entendu appartient au "courant de conscience", dont Virginia a été une des pionnières, mais il est bien que ça. Nous suivons le parcours de 6 amis à travers des monologues intérieurs permanents. C'est la vie de l'intériorité qui nous est décrite au détour de chaque page. Le roman débute sur l'atmosphère bucolique de l'enfance dans laquelle grandissent les protagonistes, alors que l'on devine déjà Bernard poète dans l'âme, Neville également. Rhoda est habitée d'un trouble de l'identité, elle a toujours le sentiment de se déliter dans le décor et tente de s'abstraire du réel sans arrêt: "la vie était si terrible, que j'ai interposé entre elle et moi mille écrans" (p. 200). Jinny est attachée au paraître et a beaucoup de mal à supporter son reflet dans la glace quand l'âge commence à la gagner. Louis ne tardera pas à rentrer dans la vie active une fois sa scolarité terminée, alors que les autres poursuivent à l'université. Louis se sent habité d'une destinée particulière comparé aux autres personnages, alors que se dessinent au fur et à mesure des réflexions communes à ce petit groupe: sont développés des questionnements philosophiques sur l'identité - multiples facettes de la personnalité que nous montrons dans différents contextes -, l'art comme potentiellement salvateur face au quotidien (surtout chez Bernard alors que Rhoda sait d'avance que l'humanité est laide et n'a aucun espoir) etc Seule Suzanne n'essaie pas trop de s'extraire de son banal quotidien, elle en est satisfaite. Bientôt, la mort de leur 7ème compagnon, Perceval, va les pousser à s'engouffrer encore dans leur intériorité. Perceval est d'ailleurs, outre la référence au nom bien sûr, un personnage inaccessible, qui semble nimbé d'une aura de légende. D'ailleurs, il ne parle pas dans le roman, on dirait qu'il est purement métaphorique. Chacun va rendre hommage à Perceval à sa façon après qu'ils se sont tous retrouvés au cours d'un dîner, dîner au cours duquel ils se rendent compte qu'ils sont unis par leur affection, affection ambiguë, mêlée de convoitises. Tous les personnages ont pour point commun d'être habités par un imaginaire fertile et prolifique. Il faut se laisser porter par leurs divagations mentales qui leur permettent de tenir le coup face à la vie ( par exemple pour Louis, l'image de femmes au bord du Nil portant des cruches) . Le passage du temps reste un des thèmes majeurs de l'oeuvre, les personnages sont bientôt gagnés par son passage, ses va-et-vient, son flux et son reflux, comme le reflux des vagues. Une oeuvre vraiment MAGISTRALE, magique, lyrique, philosophique... un chef-d'oeuvre


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